Tout le monde en pâtit
Dans ce contexte, il serait totalement illusoire de croire que le marché de la contrefaçon sera uniquement combattu en s’attaquant aux seuls réseaux de trafiquants et à leurs capacités de production. Sans une clientèle peu scrupuleuse, qui ne mesure pas toute l’étendue des méfaits dus à ce commerce illicite, notamment au niveau social, l’industrie de la contrefaçon ne serait pas aussi florissante à travers le monde. Il s’agit donc en priorité de s’adresser à tous ces clients potentiels pour leur faire comprendre que ces actes d’achat a priori anodins sont en réalité lourds de conséquences, tant pour les entreprises que pour les Etats. Et comme l’arsenal répressif, tout comme les mesures prises au niveau international pour combattre cette fraude sont encore insuffisants, ce sont eux qu’il s’agit de sensibiliser en premier lieu, en leur faisant comprendre la vacuité de porter une fausse montre de luxe.
Pour les Maisons de Haute Horlogerie, dont les marques connues internationalement sont la cible privilégiée des contrefacteurs et ce dans des proportions sans cesse grandissantes, le marché de la contrefaçon porte clairement atteinte à leurs capacités d’innovation, à leur réputation tout autant qu’à leurs ventes, sans parler des frais nécessaires engagés pour lutter contre toutes formes de piratage et pour protéger leurs produits en matière de propriété intellectuelle. Plus grave encore, la croissance fulgurante de ce marché débouche sur une perte de confiance généralisée dans des entreprises pourtant créatrices d’emplois et de valeur ajoutée. En ce qui concerne les Etat, elle induit des montants de plus en plus importants investir de lutte contre la fraude, un manque à gagner en termes de taxe et une nette propension à soutenir les taux de chômage. Et c’est encore sans parler des sommes astronomiques dégagées aux profits des mafias, triades et autres groupements terroristes qui règnent en maître sur le commerce illicite du faux où le travail des enfants est monnaie courante et où les conditions de santé et de sécurité ne sont évidemment pas respectées.