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La maison Breguet acquiert de remarquables pièces et documents anciens pour son musée






Le Musée Breguet et son Président et CEO, Marc A. Hayek, ont fait l’acquisition de deux montres anciennes exceptionnelles et de lettres d’une grande valeur historique au cours de trois ventes aux enchères qui se sont tenues en novembre et décembre à Genève et Paris. Parmi ces objets, la montre Breguet N°3104, récemment découverte, atteste du génie d’A.-L. Breguet, à qui l’on doit notamment l’invention du ressort-timbre pour les montres à répétition en 1783.



La montre de poche Breguet N°3104, achetée chez Antiquorum en novembre, a récemment refait surface après avoir été en possession d’une illustre famille européenne pendant plus de 140 ans. Initialement vendue en 1818 à Son Altesse Royale l’Infant d’Espagne Francisco de Paula, Comte de la Moratalla, cette pièce fait partie des rares et très prestigieuses répétitions minutes réalisées par A.-L. Breguet, dont les montres à sonnerie sonnaient généralement les quarts ou les demi-quarts. Outre la fonction répétition minutes, cette large montre de poche (62.5 mm) en or 18 carats possède une aiguille des heures sautante. Elle est dotée d’une boîte guillochée « grains d’orge », réalisée par Pierre-Benjamin Tavernier. Son cadran d’argent guilloché, également signé Tavernier, a pour particularité d’être composé de deux parties, l’anneau des petites secondes à 8h ayant été intégré au cadran et fixé à l’aide de deux petites vis en acier bleui. Les indications des fractions de 10 minutes qui cerclent le tour d’heures représentent une autre caractéristique inhabituelle. Agrémenté de la signature secrète Breguet de part et d’autre du chiffre 12, le cadran est rehaussé d’aiguilles à « pomme évidée » en acier bleui, dites aiguilles Breguet, inventées par l’horloger l’année même où il introduisit le ressort-timbre. Coté mouvement, cette pièce exceptionnelle abrite un calibre 22’’’ avec échappement à cylindre inversé visible. Le ressort pour la répétition agit sur deux gongs frappés par deux marteaux activés par un piston situé dans le pendant de la montre.

La famille de Bourbon d’Espagne compte parmi les clients de la Maison Breguet depuis les toutes premières années du 19ème siècle. Nombreux ont été les achats du roi Charles IV et de la reine Marie-Christine, comme à leur suite de leurs enfants. Le futur Ferdinand VII, ainsi que son frère l’Infant Francisco de Paula, possédèrent de prestigieuses Breguet. D’autres membres de la famille achetèrent des montres et pendules Breguet pendant leur exil en France de 1808 à 1814. L’Infant Francisco de Paula, propriétaire de la Breguet N°3104, a une nombreuse postérité ; il se trouve être l’ancêtre direct de l’actuel roi d’Espagne.

 

La deuxième pièce acquise par Breguet porte le N°4720. Elle a récemment été cédée à la Maison par le commissaire-priseur Fraysse. Il s’agit d’une très belle montre à tact avec cadran régulateur, vendue à Casimir Périer en 1841. Ce garde-temps est doté d’une boîte savonnette en or jaune, guillochée à la main. Il s’accompagne de sa chaîne double et de sa clé. Son cadran en argent satiné affiche deux compteurs, pour les heures ou les 30 secondes, ainsi qu’une aiguille des minutes centrale. Le réglage de l’avance se fait sur la bordure des 30 secondes. L’aiguille extérieure caractéristique des montres à tact a ici été réalisée sous la forme d’une serpentine.

Commercialisées à partir de 1799, les montres à tact ont été inventées par Breguet pour permettre la lecture de l’heure au toucher. Une flèche extérieure au boîtier reproduit la position de l’aiguille des heures, tandis que les index sont représentés par douze repères saillants situés autour de la boîte. Parfois appelées « montres pour aveugles », les montres à tact donnent ainsi la possibilité d’une lecture de l’heure au toucher. La lecture conventionnelle de l’heure s’effectue à l’aide d’un cadran traditionnel.
 

La troisième acquisition de Breguet est un lot de dix lettres anciennes concernant les activités de la Maison en Russie de 1808 à 1810. Au-delà de son don pour l’horlogerie, A.-L. Breguet était également un entrepreneur hors pair qui sut très vite mettre en place un réseau commercial de grande ampleur pour ses pièces.  Dès ses débuts, il développe une longue et fructueuse relation avec l’Empire russe dans le cadre du déploiement de sa politique d’exportation. S’il est déjà connu de quelques personnalités russes avant 1790, c’est à partir de 1801 qu’auront lieu les premières ventes importantes. Au printemps 1808, après mûre réflexion et à la suite des excellents échos qu’il reçoit de ses clients russes, Breguet décide de tenter à Saint-Pétersbourg une expérience inédite, l’ouverture d’une véritable succursale dirigée par un homme rétribué par la Maison et travaillant exclusivement pour elle. A.-L. Breguet trouve un candidat en la personne de Lazare Moreau, surnommé Zarenne, un jeune vendeur audacieux dont il a pu apprécier les talents lors d’une difficile tournée commerciale en Prusse.

Les lettres dont la Maison Breguet enrichit aujourd’hui son musée, achetées le 2 décembre au commissaire-priseur Aguttes, ont été adressées par Breguet père et fils à Moreau. Provenant des descendants de ce dernier, elles fournissent de très intéressants renseignements sur l’activité commerciale de Breguet du vivant de son fondateur.

La Maison Breguet est heureuse d’accueillir ces nouveaux objets parmi sa large collection de montres et manuscrits anciens. Elle invite les passionnés d’histoire, de culture et d’horlogerie de prestige à découvrir son fabuleux patrimoine, exposé dans ses musées de Paris, Zurich et Shanghai. 


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