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Actualité et information sur les montres de luxe, de haute horlogerie et de collection depuis 2004 par Fabrice Gueroux




Montres de collection - ATTENTION DANGER !


La contrefaçon n’est pas une fatalité. Si aujourd’hui nous souffrons de ce fléau, nous devons le comprendre et lui accorder qu’il n’est pas arrivé de lui-même. Le marché de la montre de collection n’y a pas échappé non plus.



Montres de collection - ATTENTION DANGER !

Bien que totalement différente de la contrefaçon de montres contemporaines, celle de montres de collection n’en est pas moins extrêmement dangereuse pour les marques. Avant de devenir des “aficionados” d’une marque, bon nombre d’entre nous se sont essayé à la montre de collection ou d’occasion, ou l’inverse.

 

Ces dix dernières années, le marché de la montre de collection a atteint une ampleur que n’auraient jamais imaginée même les plus spécialistes d’entre nous il y a 20 ans. Les records atteints par les salles de ventes depuis deux ans parlent d’eux-mêmes.

 

Une “Rolex Submariner” qui se monnayait en 2003 un peu moins de 2500 euros a vu sa cote plus que doubler en moins de cinq ans. Contrairement à ce qu’avancent certaines grandes marques, ce marché est d’importance et de plus en plus, le public passionné d’horlogerie s’intéresse autant à la montre de collection qu’à la montre contemporaine. Du point de vue sans scrupule du contrefacteur ou du faussaire, amateur ou professionnel, c’est un marché également juteux.

 

Et c’est réellement ce à quoi nous assistons aujourd’hui. Nous avons à faire avec un marché qu’il serait bon d’assainir rapidement, tant ses protagonistes sont nombreux : du simple contrefacteur aux excellents horlogers d’Amérique du Sud ou des pays de l’Est, capables de remonter une Omega “Speedmater” de 1968 en partant de pièces de trois montres d’années différentes.

 

Plusieurs brèches ayant permis aux contrefacteurs et aux faussaires d’infiltrer le marché sont dues à une grande négligence : ne pas vérifier la tradition perpétrée ni la qualité de fabrication (des professionnels comme MMC ou Olivine, parlent de montres “18/20 minimum” ni la provenance des pièces ; ne pas recourir à des experts confirmés etc.

 

L’engouement pour les Omega, Zenith et autres montres des années 50 est monté dans des proportions sans précédent ; si auparavant il suffisait de 100 euros pour acheter certains modèles, les prix aujourd’hui dépassent parfois 2000 euros. Rien de plus facile, pour un horloger un tantinet bricoleur, de remettre en marche une vieille Omega de 1950 à partir d’un boîtier, d’un mécanisme bricolé, d’un cadran fraîchement repeint et d’une paire d’aiguilles de marque quelconque pour faire du tout belle série de photos bonnes à agrémenter son annonce sur eBay. Un titre accrocheur la présentera comme une pièce rare et bon marché pour la proposer à 1000 euros. Et à vous bien sûr d’acquérir cette pièce “unique” qui n’a jamais vu le jour dans aucun atelier Omega. Pire qu’une contrefaçon, c’est aussi et surtout une fausse montre.


Montres de collection - ATTENTION DANGER !

Du contrefacteur au faussaire

 

Le vice peut être poussé plus loin encore. Ainsi, les contrefacteurs des pays de l’Est se sont spécialisés dans la montre qui n’a jamais existé. La recette est simple. Un faussaire soude quatre anses sur une montre de poche, lui ajoute un cadran émaillé et l’estampille de la marque de son choix (habituellement Vacheron Constantin, Bréguet ou Patek Philippe). Il lui suffit ensuite de rajouter un pont tamponné de la marque sur un calibre régulateur d’époque de marque quelconque, et le tour est joué. Au final, vous obtenez une montre de poche transformée en montre-bracelet grand format (52mm !). Inutile en l’occurrence d’afficher un prix élevé sur la toile, un prix de départ de 100 euros sera bien suffisant pour attirer des collectionneurs en herbe capables de l’acheter au bout du compte à plus de 3000 euros !

Nous voilà parvenus sur le marché du cadran repeint, des aiguilles génériques (produits non originaux), des faux boîtiers, des montres vendues avec faux papiers et autres produits contrefaits !

 

Mais il y a pire, le marché regorge de virtuoses du cadran repeint. C’est ainsi que nous trouvons de plous en plus de montres cotées contrefaites. Il n’est pas rare de trouver sur Internet des “Rolex Submariner” rouges, des Comex, des montres militaires rares ou encore des “Daytona Paul Newman” aux cadrans repeints, aux calibres bricolés et aux papiers falsifiés…

 

Internet est devenu aujourd’hui l’un des carrefours les plus fréquentés par les amateurs de montres de collection – vendeurs et acheteurs confondus. On y trouve fréquemment des pièces proposées à 20 ou 30% de leur cote véritable.

 

C’est ainsi que bon nombre de “collectionneurs”, contents d’avoir trouvé une source d’investissement si bien promue par la presse ces cinq dernières années, se retrouvent avec une Rolex ou une Bréguet Type XX vraie à 30% ou plutôt fausse à 70% ! En outre, et la déception sera alors de taille, la plupart ne s’en apercevront pas pendant un ou deux ans, avant de se retrouver face à un expert qui leur fera découvrir le pot aux roses.

 

En résumé, la méfiance est donc de rigueur. Avant de se lancer dans une collection quelconque, il est judicieux d’apprendre toutes les ficelles du métier dévoyé de contrefacteur – le plus sûr étant encore de s’en remettre aux conseils avisés des connaisseurs.

 

© 2009. Fabrice Guéroux pour La Revue des Montres  . Tous droits réservés.