Par Fabrice Guéroux : découvrir l'univers des montres de luxe, les marques horlogères, les tarifs, les nouveautés, les modèles, les tendances...

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Reconnaître une contrefaçon Rolex Panerai Bréguet Cartier-...





Contrefaçon : imitation ou reproduction frauduleuse de l’œuvre d’autrui ; objet ainsi obtenu. (Hachette Encyclopédique).

La contrefaçon existe depuis des siècles. Elle est frauduleuse car toute création originale entre dans le cadre de la propriété intellectuelle. Je ne vais pas m’étaler davantage sur le sujet, celui qui nous intéresse ici étant les montres. Il existe de nombreuses contrefaçons de montres et ceci touche à peu près toutes les marques connues. Dans le monde de la contrefaçon (réplique ou copie), il existe plusieurs qualités de fabrication, dont je parlerai plus tard. Il est important de les connaître, certaines étant facilement identifiables, d’autres l’étant beaucoup moins.

Certaines marques investissent de gros budgets dans la lutte contre la contrefaçon. Il faut savoir que pour une marque de montre, le seul fait de dénoncer une société de répliques, de faire constater les produits, de poursuivre la société et d’arriver à la faire fermer, va coûter plusieurs milliers d’euros. Mais de la même façon que cela a pris beaucoup de temps à une marque pour se faire connaître, de mettre en place un marketing, de créer leur image de marque et de faire leur place sur le marché de la montre de luxe, cela prend aussi beaucoup de temps et demande des finances importantes pour ne pas perdre ces atouts en laissant le marché être envahi par les contrefaçons, ces dernières ne faisant que ternir leur image de marque.

Le plus souvent, les contrefaçons sont fabriquées en Asie. Elles sont de piètre qualité comparées au produit original et en vérité, chaque pièce est identifiable. Par exemple, si nous prenons une montre de marque Rolex, qui sera la marque principale traitée dans cet ouvrage, vous allez découvrir que l’on peut identifier une copie grâce à de nombreux détails comme le cadran, la couronne, la typographie utilisée sur le cadran et pour la date, le bracelet, le numéro de série, etc. Sans compter le mouvement ; le meilleur moyen d’identifier une copie étant d’ouvrir la montre, mais cela n’est pas toujours possible, notamment lors d’un achat par correspondance, sujet que je traiterai aussi dans ce livre.

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Je vais maintenant essayer de vous révéler le plus d’informations possibles sur la façon d’identifier une contrefaçon et ainsi d’éviter une escroquerie. Il est toujours désagréable de se retrouver dans une telle situation lorsque vous avez économisé pour vous offrir un objet qui vous tient à cœur.

OU SONT-ELLES FABRIQUÉES ?

Les modèles chinois
Les modèles chinois (ou taiwanais, qui sont habituellement les mêmes en ce qui concerne la qualité) représentent la plus mauvaise qualité distribuée sur le marché. Le plus souvent les montres ne sont même pas en acier, encore moins en or, mais en alliage de mauvaise qualité. Il suffit de gratter une telle montre avec un couteau pour voir la première couche laisser place à un métal de couleur jaune. De plus, ces montres n’utilisent même pas de mouvements automatiques, mais une batterie avec un mouvement à quartz. Ces montres sont facilement identifiables et il est inutile de s’étaler sur le sujet.

Vous trouverez à peu près toutes les marques de montres dans cette catégorie. Particularité : montre très légère, mouvement des secondes sautant identique à celui des montres à quartz, aiguilles faites à la va-vite, cadran mal sérigraphié, différences évidentes par rapport à l’original, bracelets en simili cuir de très mauvaise qualité, etc.

Les modèles japonais
Elles ressemblent davantage aux vraies pour la plupart. Ce qui est appelé « modèles japonais » sont en fait des montres de meilleure fabrication et possèdent en général des mouvements automatiques japonais. La totalité des pièces ne sont pas fabriquées au Japon, elles utilisent simplement un mouvement japonais de marque Miyota pour la plupart. Il s’agit d’un mouvement automatique peu résistant dans le temps et qui est très loin d’égaler les mouvements suisses.

Les modèles « suisses »
Les modèles suisses sont les plus difficiles à identifier. En ce qui concerne l’extérieur de la montre, seulement quelques détails permettent l’identification. Les mouvements les plus utilisés sont de marque ETA (mouvements suisses de très bonne qualité) pour les montres automatiques simples, [les mouvements Poljot (mouvements russes) et Valjoux (mouvements suisses de très bonne qualité) pour les chronomètres]. Ces derniers mouvements sont plus souvent utilisés pour des répliques de Rolex Daytona.

Ici encore, le seul facteur faisant que la montre peut être qualifiée de montre suisse est le mouvement. Il n’existe pas d’usines de fabrication de contrefaçons en Suisse, contrairement à ce que de nombreux fabricants essaient de faire croire.

Ces montres sont les plus difficiles à identifier, mais si vous prenez le temps, vous trouverez toujours un ou plusieurs détails qui vous permettront d’y arriver. Fabriquer une contrefaçon parfaite obligerait un fabricant à la vendre à un prix proche de celui d’une montre originale. Je vous donne rendez-vous au chapitre sur les différents grades de contrefaçons pour découvrir toutes les astuces.

QUE FAUT-IL ESPERER D'UNE COPIE ?

Il se peut que vous vous intéressiez à cet ouvrage pour éviter une escroquerie mais aussi pour connaître les différentes qualités de reproductions afin d’acquérir l’une d’entre elles. Ne vous trompez pas, vous aider à en acheter une n’est pas mon intention. Les contrefaçons devraient disparaître du marché et ce que vous pouvez attendre d’une copie n’est rien d’autre que de posséder une copie et par ce biais continuer à faire fonctionner ce marché frauduleux. N’achetez pas de copies, offrez-vous une montre abordable, correspondant à votre budget et faites-vous plaisir avec cela.

Il n’y a rien d’autre à attendre d’une copie qu’une participation personnelle à ce marché classé par la loi comme criminel. La seule chose que vous pourriez faire serait d’en acheter une pour la démonter et ainsi apprendre comment elles sont fabriquées et savoir comment les différencier des vraies. Pour cela il vous faut aussi une vraie ! Ne gaspillez pas votre argent, je l’ai déjà fait et je vous en fais profiter dans ce livre…


LES MODELES LES PLUS COPIES

Les marques les plus copiées sont Rolex et Cartier. Le marché de la montre est aujourd’hui en pleine croissance et de nombreuses autres marques sont en train de connaître le même sort : Zenith, Tag Heuer, Blancpain, Breitling, Patek Philippe !!, Panerai, etc.


DIFFERENTES QUALITES DE REPLIQUES

Avant de rentrer en détail dans les différentes qualités de copies et afin d’aiguiser davantage votre œil, je vous propose d’aller faire un tour dans une grande bijouterie et de regarder les différents modèles. Ainsi, vous pourrez voir par vous-même que les prix élevés des montres de luxe sont rarement injustifiés. Vous pourrez observer par vous-même avec quelle précision les différentes pièces ont été manufacturées, vous pourrez tester le poids de la montre, voir la qualité du verre, la qualité de l’acier ou de l’or, la complexité du mouvement lorsqu’il est visible au dos de la montre etc.

Jamais une contrefaçon, d’aussi bonne qualité soit-elle, n’aura l’allure et le toucher d’une vraie. Ceci est vrai et le restera longtemps.


LES DIFFERENTS GRADES DE CONTREFACONS
(de la moins bonne qualité de fabrication à la meilleure)


Grade 5
Photos 1 & 2. Les montres Grade 5 sont des montres à pile de très mauvaise qualité. Il s’agit de la montre fabriquée en Chine ou à Taiwan et cette dernière a très peu à voir avec l’originale. Bien peu de personnes vous proposeront ce genre de montres en essayant de vous faire croire qu’il s’agit d’originales. Afin de commencer à habituer votre œil aux différents grades de contrefaçons, je vais illustrer chacun d’entre eux par des photos.

Dans cette catégorie, vous ne trouverez que quelques modèles de Rolex, comme par exemple le modèle «Président» ou encore la « Submariner », la montre la plus copiée dans le monde.

Grade 4
Photos 3 & 4. Les montres Grade 4 sont des montres à pile, elles aussi de mauvaise qualité mais ressemblant davantage à des vraies que les montres de qualité Grade 6. Pour les modèles chronographes, ces derniers fonctionnent réellement, contrairement aux grades 6. L’acier utilisé pour la fabrication de ces montres n’est qu’un alliage de mauvaise qualité, oxydable et le plus souvent, il noircit le poignet. De ce fait, le poids de la montre est très éloigné du poids d’une montre originale.

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La montre Grade 4 est assez proche en qualité de la montre Grade 5. Elle est aussi très éloignée de la qualité d’une montre originale et une fois que vous en avez une en main, vous pouvez l’identifier très facilement. Le problème reste de ne jamais l’avoir dans la main, c’est pour cela que je vous apprendrai à les identifier dans un prochain chapitre, avec des photos.
Dans cette catégorie, vous trouverez principalement les marques suivantes :

• Alain Siberstein • Breguet • Rolex • Patek Philippe • Bulgari • Hublot • Daniel Roth • Panerai • Tag Heuer • Jacob & Co. • Locman • Parmigiani • IWC • Etc.


Grade 3
Photos 5, 6 & 7. Au Grade 3, la montre commence à être plus difficile à identifier et concerne pas mal de marques. Maintenant, elles restent des montres de mauvaise qualité et lorsque vous voyez ne serait-ce que la qualité du cuir des bracelets, vous savez immédiatement à quel type de «montre» il s’agit.

La raison est assez facile à comprendre car les répliques de Rolex existent depuis longtemps et surtout, les modèles ne changent que très rarement. Imaginez le prix de revient d’une usine permettant de fabriquer des contrefaçons : pièces détachées, tours, verres, bracelets, cadrans, etc. Cela représente un très grand nombre de pièces détachées et fabriquer les pièces qui vont servir à les faire par la suite coûte très très cher.

Si on évalue le plus précisément possible les coûts d’investissement d’une telle entreprise, il faut compter environ 2 millions de dollars pour une usine qui permettrait de fabriquer uniquement des modèles de fausses Rolex de qualité. Imaginez le prix de revient d’une usine qui fabriquerait la majorité des marques de montres... Pour une activité frauduleuse et forcément éphémère (ce que les fabricants ont du mal à comprendre), c’est plutôt risqué !

Ces modèles de montres restent des modèles de mauvaise qualité, même si elles sont proposées avec des mouvements automatiques japonais, elles n’en sont pas moins de pauvres répliques.


Grade 2
Photo 8. Nous entrons ici dans la catégorie des contrefaçons de «moyenne qualité». Il s’agit de montres dites «japonaises» avec un mouvement automatique de marque Miyota (17 rubis) à l’intérieur.

Dans cette catégorie, vous ne trouverez que des montres de marque Rolex… A peu près toutes les montres de chez Rolex ! Même la Submariner commémorative des 50 ans du modèle.

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Ici, il va falloir commencer à bien regarder pour différencier la fausse montre d’une vraie. Elles peuvent être identifiées assez facilement pour les modèles à date comme la Submariner, la datejust, la daydate. Mais vous allez voir plus loin que les montres de collection commençant à prendre une certaine place sur le marché, sont de plus en plus copiées et bon nombre d’entre elles ne possèdent pas de quantième (date). Le bracelet parle aussi beaucoup. Les montres de qualité Grade 2 ne possèdent pas de numéros de série, ce détail apparaissant sur les montres de qualité Grade 1 uniquement.

Une fois bien éduqué sur le sujet des contrefaçons, vous serez à même de les identifier assez facilement.

Comme pour les modèles précédents, les montres en or ou or/acier sont traitées en plaqué de mauvaise qualité, qui tend à disparaître très rapidement après l’achat.


Grade 1 (ou A)
Photos 9, 10, 11 & 12. Là, vous entrez dans le domaine de la montre copiée dans les plus petits détails… dans la mesure du possible (car il est impossible d’obtenir une copie 100% fidèle). Dans le domaine de la contrefaçon, il existe de nombreux mensonges, le premier étant que ces montres sont fidèles à 99%, le second étant que ces montres sont fabriquées en Suisse.

Comme je l’ai déjà mentionné ci-dessus, il n’existe pas d’usines de contrefaçons en Suisse. Certains sites spécialisés dans l’information sur la contrefaçon vous diront le contraire. Ne prenez pas leurs articles pour argent comptant, ils font simplement la promotion pour les fabricants et les distributeurs.

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Ces montres possèdent un mouvement ETA pour les modèles automatiques et un mouvement Poljot (mouvement Russe) ou Valjoux (mouvement suisse de très bonne qualité - le calibre le plus utilisé est le 7750) pour les Rolex Daytonas. Ce sont des modèles fiables et de bonne qualité. Elles sont dures à reconnaître et sont très souvent vendues avec la boîte et les papiers d’identification. Le numéro de série indiqué sur le papier et sur le boîtier sont identiques et correspondent bien au modèle. Elles possèdent aussi, comme pour les Grades 3 le sticker vert sous le boiter. Ce dernier est facilement identifiable car l’hologramme n’a pas grand chose à voir avec l’original. Beaucoup de revendeurs enlèvent ce sticker car il permet une identification facile de la contrefaçon, mais attention, cela ne se voit presque pas sur une photographie.

Si la montre n’est pas identifiable sur la photo, il vous faudra la voir et l’identifier à ce moment là.


AUTRES TYPES DE CONTREFACONS


Les montres « fabrication maison ».

Ces montres peuvent être de très bonne qualité.
Ce que j’appelle des montres « fabrication maison » sont des montres qui sont modifiées sur la base d’une contrefaçon de très bonne qualité. Vous prenez une Rolex Submariner Grade 1 par exemple, et vous modifiez certains détails dans le but d’approcher au maximum d’une véritable Submariner. Certaines personnes arrivent ainsi à obtenir des montres que vous ne pourrez pas identifier sur une photo car ils vous montreront certains détails probants similaires à une vraie, comme par exemple le numéro de série, la taille des trous accueillant les pompes d’attache du bracelet, la loupe 2.5X pour la date, etc…

De plus, certaines personnes vont jusqu’à monter des pièces de fausses montres sur des montres originales. C’est la raison pour laquelle il faut être très vigilant et ne pas se contenter de vérifier uniquement un ou deux points.


LES CONTREFACONS DE MONTRES DES COLLECTION

Photos 13, 14, 15 & 16. Rolex possède des montres très recherchées. La Submariner Rouge, la James Bond (première Submariner), la Turn-o-Graph, l’Explorer (le modèle Miglauss ou le modèle Steeve McQueen), la Daytona Paul Newman, etc.
Les répliques de ces montres sont de très bonne qualité pour la majorité et viennent d’arriver sur le marché de la contrefaçon. Elles sont pour la plupart très dures à identifier et il est quasiment impossible de les identifier d’après une photographie.

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Ce marché va en grandissant et je développerai plus loin ce chapitre plus en détail car vous serez de plus en plus amenés à rencontrer ces modèles contrefaits.


CONCLUSION

Il peut paraître un peu effrayant lorsque l’on regarde les photos de se dire qu’il est possible de différencier une fausse montre d’une vraie. Pourtant, il existe des moyens infaillibles. Qu’il s’agisse de vérifier l’authenticité de la montre, de savoir si elle existe (Il peut arriver que quelqu’un mette en vente une montre qui n’existe pas !), de savoir si le vendeur est fiable, etc., il existe toujours un moyen. Je vais maintenant passer à la phase pratique et tâcher de vous indiquer toutes les façons de devenir un expert dans la vérification des montres, spécialement en ce qui concerne la marque Rolex.


DIFFERENCIER UNE FAUSSE D'UNE VRAIE

Pourquoi y a-t-il des différences ?

Il y a des différences tout simplement parce qu’il est impossible de fabriquer une montre 100% identique. La raison est simple et d’ordre financier. Si un fabriquant voulait fabriquer une montre 100% identique, cela lui prendrait tout d’abord énormément de temps, énormément d’argent pour fabriquer les outils permettant d’y arriver et le prix de revient d’une montre avoisinerait au minimum 75% de sa valeur réelle. Il lui reste ensuite tout l’investissement de distribution et à la fin, 0 euro de bénéfice. C’est assez simple.

Donc vous trouverez toujours des différences. Je parle ici des différences entre l’extérieur d’une vraie montre et l’extérieur d’une fausse montre. L’intérieur étant identifiable au premier coup d’œil. Lorsque vous ouvrez une Rolex et que vous découvrez un mouvement qui ne porte pas la marque Rolex, si ce n’est qu’un pauvre tampon sur le balancier, vous êtes immédiatement fixés.

Quelles sont ces différences ?

Nous allons maintenant étudier les différences entres les vraies montres et les contrefaçons. Vous trouverez ensuite des exemples illustrés avec des photos de montres de marque Rolex et quelques exemples avec d’autres marques.
Entraînez bien votre œil à les reconnaître. Il se peut que le jour d’un achat (une bonne occasion de dernière minute par exemple), vous n’ayez pas cet ouvrage avec vous. Il faut donc que vous puissiez vous en rappeler. Je vais faire en sorte d’être le plus précis possible.

L’identification d’une montre

Le premier atout pour pouvoir identifier une montre est de connaître la montre originale. Pour cela, il vous faut regarder des photos. Pour une Rolex, il vous suffit d’aller sur leur site www.rolex.com et de regarder les modèles sous toutes les coutures. Idem pour les autres marques.

L’identification des pièces comprend les pièces ou détails suivants :

• Cadran • Boîtier • Disque tournant (pour les Submariner et GMT) • Disque fixe (pour les autres montres). Il s’agit du cerclage (sur le boîtier) qui entoure le cadran de la montre • Aiguilles • Logo • Inscriptions sur le cadran • Loupe • Points phosphorescents sur le cadran (taille et couleur) • Couronne (remontoir) • Numéro de série • Dos de la montre • Bracelet • Attache du bracelet • Logos sur le bracelet • Numéros de série sur le bracelet • Rivets et vis de réglage de taille • Diamètre de la montre • Diamètre des trous recevant les pompes (tiges à ressort qui permettent d’attacher le bracelet à la montre) • Les pompes • Epaisseur de la montre • Mouvement de la montre (c’est le mécanisme intérieur) • Bruit du mouvement • Boîte de la montre (le coffret) • Papiers d’authenticité ou facture d’achat

Chacune des pièces ou des parties énumérées ci-dessus peut contenir un détail qui différencie la contrefaçon d’une vraie montre de marque Rolex. Certaines d’entre elles sont impossibles à copier avec exactitude, d’autres le sont malheureusement moins.

Je vais maintenant les passer en revue une par une et développer. Pour la simple et bonne raison qu’il est impossible de passer en revue chaque détail pour chaque modèle de montre existant, je vais prendre l’exemple de la Rolex Submariner date référence 16610 pour vous donner une idée sur la façon d’appréhender le sujet dans son ensemble. Ne perdez pas ce point de détail de vue car certains aspects traités ci-dessous ne sont valables que pour ce modèle. Pour les autres modèles, il vous suffira de vous référer aux tableaux comparatifs illustrés par des photographies plus loin dans le livre.



EXEMPLES DE DIFFERENCES ENTRE UNE VERITABLE ROLEX SUBMARINER ET UNE CONTREFACON
(modèle dateur 16610) et le même modèle en contrefaçon de qualité Grade 1.

J’ai choisi cet exemple car il s’agit de la contrefaçon la plus vendue et la plus utilisée dans les escroqueries sur le marché de l’occasion. Pour plus de détails, référez-vous aux photographies du tableau comparatif de la Submariner. Encore une fois, cette comparaison est faite pour vous montrer le nombre d’erreurs que peuvent faire les fabricants de contrefaçons.

Boîtier et disque tournant

Le boîtier de la vraie Submariner à date (16610) est en acier de très bonne qualité utilisant le système de la forge (voir comparaison photo 17). Ce dernier est beaucoup plus résistant, plus difficile à rayer que celui utilisé pour les contrefaçons. Mais habituellement, ils se ressemblent beaucoup. Si vous enlevez le disque tournant qui se trouve autour du cadran, vous noterez par contre que le système n’est pas le même sur les deux montres. Sous le disque de la vraie Submariner, le boîtier est plat, sur la contrefaçon, il est creux (voir photo 18), et possède un système à ressort qui permet au disque ne pas tourner dans le vide et de produire le clic. Par ailleurs, en ce qui concerne le clic lorsque vous tournez le disque, vous noterez aussi que sur une vraie Submariner, vous en entendez environ 120 lorsque vous effectuez un tour complet. Sur une bonne contrefaçon de Grade 1, vous n’en entendrez qu’environ 60. C’est un bon test aussi. Ceci dit, le disque s’enlève très facilement à l’aide d’un canif en faisant levier entre ce dernier et la couronne. Ceci ne l’abîme pas si vous la protégez avec une petite pièce de carton lors de l’opération. Ne vous gênez donc pas.

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Aiguilles

Beaucoup d’aiguilles (minutes et heure) de contrefaçons sont biseautées au centre (plus haute au centre et descendant vers les bords avec une démarcation évidente du biseau central - photo 19) alors que celles du modèle Submariner original sont plates et de très bonne qualité.

Cadran

Le cadran de la Submariner contient de nombreuses indications. De haut en bas : ROLEX, Oyster Perpetual, 1000ft, 300m, superlative chronometer, officially certified, swiss made (pour les modèles récents. Pour les modèles plus anciens : SWISS T<25).
Les contrefaçons possèdent les mêmes indications. Pour les différencier, dans le cas d’une très bonne contrefaçon, prenez une petite loupe d’horloger (agrandissement 3X) et regardez ces indications de près. Vous verrez que celles du modèle original sont en relief et donnent une impression de matière plastique rigide (elles ont été marquées par un système au laser), celles de la contrefaçon sont relativement plates et plus fines (elles ont été sérigraphiées. La sérigraphie est une système d’impression par encrage). (photo 20).

Date

Les modèles 2002-2003 et 2004 de Grade 1 possèdent maintenant la même typographie (caractère) que les vraies Submariner. Les autres non. Attention, les montres commencent à devenir de moins en moins identifiables par ce moyen.

Loupe

Le grossissement de loupe sur la contrefaçon est habituellement de 2X maximum alors que sur l’originale il est de 2.5X. Ceci vous donne un chiffre de grande taille sur une originale et de taille moyenne sur une contrefaçon. Toutefois, certaines contrefaçons utilisent une loupe grossissante 2.5X. (C’est plus rare mais elles existent bel et bien). Sur un modèle de contrefaçon utilisant une loupe grossissante 2.5X, vous noterez toutefois une déformation notable de la date lorsque vous bougez légèrement la montre (photo 21). Beaucoup moins sur une originale. Attention, en ce qui concerne une montre de collection équipée d’un verre plexi, il se peut qu’avec le temps et après avoir passé une produit à polir pour nettoyer le verre, la loupe n’offre plus un agrandissement correspondant aux 2,5 X. Effectivement, lorsque le verre est repoli pour enlever les rayures, ce dernier perd de sa matière, la loupe aussi.

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Points phosphorescents sur le cadran (taille et couleur)

Très souvent, les points phosphorescents (points que vous pouvez voir la nuit) sont verts ou jaunes sur bon nombre de contrefaçons (photo 22) et ces couleurs sont visibles en plein jour. Ces points sont blancs sur une véritable Submariner. Autre détail, la qualité du radium (j’utilise ce mot mais sachez que le radium n’existe plus car ce produit est dangereux. Le nom de ce produit est maintenant Luminova et n’est plus du tout radioactif) sur le modèle original est excellente et permet à la montre de rester illuminée la nuit très longtemps (photo 23). Une contrefaçon restera visible un peu moins d’une demi-heure. Ensuite il deviendra de plus en plus difficile de lire l’heure dans le noir.

Couronne (remontoir)

La couronne de la Submariner possède le système Triplock. Vous dévissez cette dernière, vous pouvez remonter manuellement la montre, vous tirez une fois, vous pouvez régler la date (les aiguilles continuent à avancer à ce stade), vous tirez une deuxième fois et vous réglez l’heure (les aiguilles sont alors à l’arrêt). Le diamètre de la couronne est de 7 millimètres pour une hauteur de 4 millimètres. Lorsqu’elle est entièrement tirée, vous découvrez un joint en plastique noir assez gros, plus gros que sur les contrefaçons (qui poussent le vice jusqu’à en mettre un alors que leurs montres sont à peine étanches). Vous pouvez aussi voir le tube sur lequel se visse la couronne, ce dernier est usiné de façon très impressionnante et est très large (photo 24). Sa qualité sur une contrefaçon n’a rien à voir du tout avec l’original. Sur le dessus de la couronne, il y a le logo Rolex en relief (couronne à 5 branches) surplombant 3 petits points en relief qui indiquent le système triplock - sur une contrefaçon aussi.

Numéro de série

Le numéro de série est tamponné sur le bas de la montre (à 6h) entre le boîtier et le bracelet. Le numéro du modèle de la montre est lui tamponné sur le haut de la montre (à 12h). Enlevez le bracelet de la montre (ou demandez impérativement une photo de chaque côté) et vous pourrez voir ces deux numéros. A 12 heures, vous pourrez lire « ORIG. ROLEX DESIGN » et « 16610 » (numéro de référence de la Submariner Date) en-dessous, et à 6 heures, vous pourrez lire le numéro de série. Vous trouverez plus loin dans cet ouvrage le détail complet des numéros de série des montres Rolex qui vous permettra notamment d’identifier la date de fabrication de la montre. C’est un détail intéressant, par exemple lorsque vous achetez une montre dite neuve et qu’en regardant le numéro de série, vous vous apercevez que cette montre date de 1980 ou l’inverse, vous savez que vous avez affaire à un faux numéro, donc une fausse montre ou une tentative d’escroquerie.

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Dos de la montre

Le dos de la Submariner date (16610) ne possède pas de marquage. C’est un dos vissé qui se démonte avec un outil spécial que vous pouvez acheter facilement soit sur E-Bay pour environ 25 euros, soit chez un fournisseur d’outillage pour horloger comme Fisseau-Cochot à Paris (rue de Turbigo) pour une somme de 120 euros (oui, ils ne font que la marque Bergeon qui est une marque de très bonne qualité). Ce n’est pas un luxe d’en avoir un lorsque l’on désire acheter une Rolex d’occasion. C’est l’outil infaillible lorsque vous avez vraiment un doute sur l’authenticité de la montre. Photo 25 : dos de Rolex SeaDweller - Contrefaçon.

Bracelet

Le bracelet Oyster qui accompagne la Submariner est un bracelet de bonne qualité. D’origine, il est livré en grande taille, soit au moins 4 crans (maillons du bracelet) amovibles. Ces crans sont démontables à l’aide d’un tout petit tournevis. Les nouvelles contrefaçons ont le même système mais il existe un détail qui permet de les identifier. Sur les Submariner récentes, vous voyez la vis d’un côté et de l’autre côté, rien du tout, il n’y a pas de trou. Sur la contrefaçon, il y a un trou de part et d’autre du cran.

Autre détail, le dernier maillon (celui qui touche la montre) est mal usiné, même sur les contrefaçons de qualité Grade 1 est et aussi plus épais que sur l’originale et les maillons vont du plus gros au plus petit, respectivement de la montre à la boucle.

Sur le haut du bracelet, au dernier maillon, vous pouvez voir le numéro de série de ce dernier : 93150 ou 93160 sur le dernier gros maillon et 501B, 558B, 580 ou 593 sur la dernière pièce. Attention, sur les meilleures contrefaçons aussi (photo 27).

Le bracelet de la Submariner originale est épais. La boucle déployante est en tôle d’acier et est tamponnée d’une forme qui reprend celle des maillons du bracelet, de la couronne à 5 branches et d’un étrier permettant de recevoir le fermoir de sécurité (photo 26).

La boucle possède un système de rallonge qui permet d’agrandir le bracelet pour l’adapter à une combinaison de plongée.

Le système de fermeture est un fermoir qui se replie sur la boucle fermée. Beaucoup de bracelets équipant les contrefaçons sont de très bonne qualité et pratiquement identiques aux vrais. Le système de vis décrit ci-dessus ainsi que l’épaisseur du dernier maillon reste un des meilleurs moyens d’identifier un faux bracelet.

ATTENTION : certaines montres véritables sont vendues accompagnées d’un faux bracelet, ne vous faites pas avoir. Le prix neuf pour un bracelet Oyster est quand même d’environ 600 euros.


Diamètre des trous recevant les pompes
(Tiges à ressort qui permettent d’attacher le bracelet à la montre)

Sur le modèle original de chez Rolex, le diamètre sortant des trous recevant les pompes à ressort est de 1.2 millimètres. C’est un diamètre très large pour une montre. Les trous sur une contrefaçon sont de 0.7 millimètre. Très facile à identifier (photo 28).

Les pompes

Les pompes équipant les montres Rolex Submariner sont grosses (photo 29). Il s’agit d’une tige cylindrique renfermant deux tiges en acier avec un ressort au milieu. Les embouts font 1 millimètre de diamètre et sont nettement arrondis au bout. Vous ne trouverez jamais de telles pièces sur des fausses montres, elles sont uniques. Toutefois, certains malins s’en procurent d’occasion sur Internet et les adaptent à des fausses montres en agrandissant les trous du boîtier de la montre. Mais ce dernier cas est beaucoup plus rare. Les contrefaçons sont équipées de pompes standard, fines avec des embouts possédant un double cerclage aux extrémités et permettant un démontage depuis l’intérieur à l’aide d’un petit couteau.

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Mouvement de la montre
(il s’agit du mécanisme intérieur)

Le mouvement de la Submariner originale est un calibre 3135 (photos 30 & 31). Si vous ouvrez la montre, vous voyez tout de suite la qualité du mouvement, il est tamponné «Montres Rolex SA - Geneva». «3135», «one 31 - five positions». C’est mouvement 31 rubis (31 rubis voulant dire qu’il y a vraiment 31 pierres de rubis à l’intérieur. Ces pierres sont utilisées en horlogerie pour éviter le frottement des pièces entre elles). Le meilleur mouvement utilisé par les fabricants de contrefaçons est le mouvement ETA. Très bon mouvement mais il n’a strictement rien à voir avec un mouvement Rolex. Il est tamponné ETA 21 jewels (pour 21 rubis) et ne possède pas les deux roues d’engrenage de couleur rouge comme sur le mouvement original.

Certaines contrefaçons sont pourvues d’un mouvement ETA tamponné ROLEX S.A.


Bruit du mouvement

Ecoutez une véritable Submariner et vous allez voir qu’il vous faut vous concentrer pour en entendre le bruit. Le mouvement est tellement rapide (8 mouvements par seconde) que vous entendez à peine le bruit rapide du mouvement, à moins de vraiment coller votre oreille et d’être dans un endroit totalement silencieux. Ecoutez maintenant une contrefaçon (mouvement ETA) et vous avez un bruit qui vous empêchera presque de dormir la nuit. Elles sont bruyantes et avancent à une cadence de 5 mouvements à la seconde au maximum. D’ailleurs, si vous comparez les deux, vous ne verrez pratiquement pas de mouvement sur la vraie, l’aiguille donne l’impression de flotter. Le mouvement ETA beaucoup moins et vous pourrez facilement distinguer les saccades de l’aiguille.

Boîte de la montre (le coffret)

Eh oui, même les boîtes sont copiées (photos 32 & 33). Ici, facile à identifier : la vraie boîte possède soit a) un coussin et un voile de recouvrement en daim de bonne qualité, soit b) un cerclage du diamètre d’un poignet accueillant la boîte. Le bois est aussi de bonne qualité. La boîte est enfermée dans une surboîte imprimée verte. Neuve, elle est livrée avec les papiers, deux pochettes vertes et une ancre de marine tamponnée 1000ft-300m comme sur le cadran de la montre.

La fausse est plus grande, le bois est le même que celui utilisé pour les boîtes de cigares (votre ongle peut s’enfoncer dedans), le coussin et le voile de recouvrement sont en tissu d’une qualité extrêmement mauvaise, aucune ancre n’est livrée avec et l’impression (encre d’imprimerie) de la surboîte tend à disparaître si vous la frottez assez durement avec le doigt. Inutile de dire que si quelqu’un vous propose une montre avec une fausse boîte c’est qu’il est 1. idiot ou 2. ignorant des produits offerts par Rolex, sauf évidemment si vous souhaitez acheter votre montre par correspondance.

Hologramme au dos de la montre

Les nouvelles montres de chez Rolex sont équipées d’un sticker hologramme au dos du boîtier. Ce sticker est imprimé d’un hologramme à 5 couches . La couche du fond possède le mot Rolex imprimé de nombreuses fois sur toute la surface. La deuxième couche idem avec une profondeur de champ différente, sur la troisième idem avec encore une profondeur de champ différente, sur la quatrième une grande couronne à cinq branches et sur la dernière, la référence de la montre, soit 16610 pour la Submariner Date, imprimée en noir.

Sur une contrefaçon, rien de tout cela mais une impression en une seule couche (photo 34) et la référence « 16610 » imprimée sur le tout, le plus souvent de couleur or comme la couronne. De plus, les fabricants impriment très souvent la référence 166610 au lieu de 16610. La raison est que pour se protéger en cas de poursuites judiciaires, ils peuvent encore jouer sur les différences et essayer de ne pas tomber dans le domaine de la contrefaçon totale. Ainsi, il peuvent écoper d’une grosse amende plutôt que de quelques années de prison. Ici encore attention, il y a toujours un moyen de se procurer un vrai sticker et de le mettre sur une fausse montre.

Papiers d’authenticité ou facture d’achat

Les papiers sont assez souvent identiques. Pour identifier ce dernier point, il vaut mieux se référer au chapitre des numéros de série, tout y est expliqué en détail.

Qui distribue ces produits ?

Ces produits sont distribués pour la majorité par des sociétés implantées en Chine, aux Etats-Unis et un peu partout dans le monde (notamment en Italie et au Royaume-Uni). Ils sont fabriqués en Asie. Ces sociétés n’ont évidemment pas d’adresse et utilisent Internet pour écouler leurs produits ou encore les réseaux de particuliers.

En ce qui concerne les particuliers, certains d’entre eux achètent directement aux fabricants en petite quantité, modifient les produits pour les rendre le plus fidèle possible à l’original, et l’écoulent ensuite par petites annonces sur Internet ou dans les journaux gratuits. Ce sont ces derniers qui sont le plus enclins à faire passer des fausses montres pour des vraies.


EVOLUTION DES REPLIQUES

Comme pour n’importe quel produit, l’évolution est rapide. Les fabricants travaillent de plus en plus sur les détails. Bien qu’il soit très difficile, même impossible d’arriver à une contrefaçon 100% fidèle à l’originale, il y a une évolution et qui sait si dans quelques années, ils n’y arriveront pas. Mais cela n’est pas pour maintenant et tous les points décrits dans ce livre sont valables pour au moins 3 ou 4 ans.


LES MONTRES DE COLLECTION

Le marché de la montre d’occasion allant en grandissant, j’ai pensé qu’il serait judicieux de développer ce sujet et d’y apporter davantage de précisions.

J’ai été effaré ces derniers temps par l’évolution de la qualité des contrefaçons dans ce domaine. Ici encore, Rolex reste la marque la plus touchée, suivie de la marque Panerai. Les autres marques le sont beaucoup moins. Je vais donc uniquement traiter ces deux marques dans ce chapitre.

Par Rolex de collection, je veux évidemment parler de reproductions récentes de montres comme la Daytona 6263, 6264, la Paul Newman, la Turn-o-Graph, la Milgauss, l’Explorer II orange, la Sea-Dweller, la Sea-Dweller Double Red, la Submariner Red, la Submariner James Bond, l’Explorer, pour ne citer que ces exemples.

IMPORTANT : Ne prenez pas le risque d’acheter ce genre de montre par correspondance ! Procédez à une vente en direct avec le vendeur. Aucune autre alternative. Ce livre ne vous sera pas d’une grande aide pour un achat par correspondance.
Pour un tel achat, il vaut mieux se déplacer, quitte à dépenser 100 euros de train pour se RENDRE en Allemagne, en belgique ou en angleterre par exemple.

Vous devrez être très vigilant lors de l’achat d’une montre de collection, principalement pour deux raisons :

1. Une montre de collection est potentiellement sujette à modifications dans le temps, ne serait-ce que lors de ses différents

2. La production de ces montres commençant vers les années 40, il existe forcément un marché de la pièce détachée (récupérées sur de vraies montres), et ces dernières peuvent facilement être adaptées sur des contrefaçons, rendant l’identification de celles-ci très difficile.

Ici, vous ne pourrez pas vous contenter de vérifier deux ou trois détails sur la montre lors de l’identification de cette dernière. Il suffit que le cadran et les aiguilles proviennent d’une véritable montre pour que vous vous fassiez rapidement avoir. Lorsque l’on sait qu’il faut compter 20000 euros pour une Daytona Paul Newman, il est préférable de savoir de quoi on parle lors d’un achat avec un particulier !

Il va donc falloir préparer une liste de vérification la plus complète possible pour être à même d’identifier la montre de façon fiable

- la scène idéale étant d’être capable de différencier les vraies pièces des fausses.

Pour des raisons techniques, les fausses pièces que vous trouverez sur la montre seront le plus souvent le boîtier, le bracelet, la couronne (remontoir), le disque tournant ou fixe, le cerclage intérieur du cadran, et évidemment le mécanisme intérieur - cela pour des raisons de difficultés d’adaptation de pièces les unes avec les autres. Par exemple, il est assez facile d’adapter les aiguilles d’une vraie Rolex sur une contrefaçon, par contre, il est très difficile, voire impossible pour certains modèles, d’adapter un vrai cadran dans un boîtier de contrefaçon, ceci pour des raisons de diamètre.

La première et meilleure solution pour identifier une fausse montre de collection est de l’ouvrir et de vérifier si elle est bien pourvue d’un mécanisme Rolex. La seconde est de vérifier le numéro de série de la montre et du modèle incrustés dans la montre au niveau des attaches du bracelet. Ces derniers sont souvent patinés avec le temps et doivent correspondre avec la date de fabrication (se référer au tableau des numéros de série à la fin de ce livre). Le troisième point est de regarder les pièces sur la montre qui paraissent neuves et celles qui paraissent vieilles. Par exemple, vous ne pouvez pas avoir une montre avec un cadran et des aiguilles vieillis alors que le boîtier lui est flambant neuf. Rolex ne vend plus de pièces neuves pour ces montres. Ils peuvent adapter des pièces correspondant aux modèles récents, par exemple changer le boîtier d’une Submariner 5512 et mettre celui d’une 14060, mais la forme n’est pas la même. De même que lorsque vous amenez une Submariner 5513 de 1960, ils peuvent si vous le désirez, changer le cadran, mais vous n’aurez pas le cadran de l’ancienne (sans cerclages en or blanc autour des indications des heures), vous aurez le cadran de la 14060, avec des indications de la 14060 sur le cadran.

Ceci nous amène à appréhender l’identification de la montre et l’évaluation de sa valeur d’une façon totalement différente. Il s’agit maintenant de savoir si (i) la montre est d’origine, (ii) si elle est vraie, (iii) si ce n’est pas un mixage de pièces provenant de différentes montres et (iv) si ce n’est pas une vraie Rolex accompagnée d’un certain nombre de fausses pièces.

Ici, c’est votre sens de l’observation qui va faire toute la différence. Je vais développer les 4 points cités ci-dessus et ensuite vous donner des exemples photographiques.

(i) La montre est-elle d’origine ?

Par montre d’origine, je veux parler d’une montre qui possède toutes les pièces d’origine et n’ayant subi aucune modification depuis son achat. Pour cela, il vaut mieux avoir les papiers de vente ainsi que ses factures d’entretien. A moins que la montre ne soit jamais sortie d’un coffre depuis le jour de son achat, cela est assez facile. Vous regardez pièce par pièce et vérifiez si l’usure est la même partout, si la couleur du métal (or ou acier) est bien la même partout. Vous vérifiez ensuite les numéros de série.

Vous regardez le radium (peinture phosphorescente) sur les aiguilles et sur le cadran, qui doivent toutes être de la même couleur. Ce produit jaunit avec le temps et perd de sa qualité éclairante. Vérifiez la couleur au jour, ensuite mettez la montre dans le noir, l’intensité de l’éclairage doit être le même partout. Vous pouvez toujours tomber sur le cas d’une montre ayant subi une oxydation, vous pourrez alors noter une petite différence de couleur sur différentes parties des luminophores suivant le degré d’oxydation, mais ils resteront sensiblement similaires. Dans ce cas, vous savez que la montre a perdu son étanchéité à un moment et a pris l’eau. Attention, dans ce cas, le mécanisme a lui aussi subit les conséquences de cette oxydation. Il vaut mieux alors faire faire une vérification certifiée par un agent agréé Rolex et lui demander de vous ramener le certificat de « non mal-fonctionnement » avant de parler de transaction.

(ii) La montre est-elle est vraie ?

Il s’agit là d’effectuer une observation minutieuse. Le mieux est de l’ouvrir. Si vous ne le pouvez pas, si le vendeur refuse par exemple, vous allez devoir vérifier chaque pièce extérieure une à une et prendre votre temps. Par exemple, une personne vous propose une Explorer Milgauss à un prix intéressant. Prenez rendez-vous avec la personne et avant le moment du rendez-vous, relisez bien ce chapitre, procurez-vous toute la documentation que vous pouvez sur ce modèle (meilleure source : Internet) et procédez à la comparaison lors du rendez-vous avec tous les documents en main. Ce livre est un bon atout lors de l’identification d’une montre, mais le meilleur atout restera toujours votre aptitude à « observer » et à « comparer ». Vous trouverez les meilleurs liens vers des sites traitant des montres Rolex à la fin de ce livre. Aidez-vous de mes photos, de documentations sur le modèle (photos, historique, numéros de série…) et n’hésitez surtout pas à questionner le vendeur sur la provenance de la montre, sur son entretien, sur le nombre de personnes à qui elle a appartenu dans le temps, etc. Un exercice très intéressant consiste à comparer différentes annonces sur e-bay avec les photos de ce livre. Il n’y a pas de secret, pour chaque domaine que l’on désire maîtriser, il faut s’entraîner. Personne à ce jour n’a pu inventer de remède miracle où il est possible d’acquérir une aptitude instantanément.

(iii) La montre est-elle un mixage de pièces provenant de différentes montres ?

Il serait dommage d’acheter une montre 10000 euros et de vous entendre dire : « Elle n’est pas d’origine, les aiguilles de votre Daytona de 1972 proviennent d’une Daytona récente ». Cela dévalorise votre montre et va ainsi baisser votre affinité pour cette dernière. Il vaut donc mieux vérifier les pièces, de la même façon qu’au point (i) ci-dessus. Sachez aussi que la valeur d’une montre dépend de son état et du fait que les pièces soient bien d’origine. Pour cela, je vous conseille soit d’acheter des ouvrages sur l’historique de Rolex pour avoir de bonnes photographies de montres d’origine (le meilleur d’entre eux est le très fameux livre en anglais « The Best of Time Rolex Wristawatches » de James M. Dowling & Jeffrey P. Hess - que vous pouvez vous procurer à l’adresse Internet suivante : www.hessfineart.com/bookpage.htm). Référez-vous au tableau des numéros de série, utilisez les photographies publiées dans ce livre, et s’il vous manque encore des données ou des photos, utilisez Internet ou les livres contenant beaucoup de photographies et d’historique sur Rolex.

(iv) La montre est-elle une vraie Rolex équipée de certaines fausses pièces ?

Inutile de développer ce point, si vous avez bien compris les trois points ci-dessus et que vous êtes capable de les mettre en application, vous pourrez vérifier et identifier une Rolex originale équipée de fausses pièces.